mardi, septembre 16, 2008

Le Web 2.0 sans les DSI


Un mouvement de plus en plus évident dans mes usages, il est non seulement possible de travailler sans les outils "corporate" mais cela passe progressivement d'un comportement marginal a un comportement de masse et qui pourra d'autant moins être stoppé que celui ci va devenir nécessaire.

Google permet via 'google team edition' une fois l'enregistrement passé de créer un wiki, un document, une feuille "excel" de de les partager immédiatement avec toute la société, des partenaires, des collègues, ...
Facebook permet de prendre de plus en plus en compte l'entreprise. Par exemple il est possible de poster des billets uniquement sur les personnes étant dans les groupes auxquels on appartient ... capgemini.com, atos.com, accenture.com ...

De nombreux projets plus ou moins pirates dans les sociétés utilisent des outils web 2 (confluence, basecamp ...).

Une première conclusion simple serait déjà de dire que les DSI vont devoir (ou enfin pouvoir) se concentrer un peu plus sur les applications métiers s'ils intègrent et facilitent ces nouveaux usages de partages et d'usages des réseaux sociaux.

Je suis de plus en plus surpris par Facebook auquel je n'avais pas trop fait attention au départ (mea culpae). C'est un outil puissant de renforcement des liens sociaux, peut être le plus puissant. Il existe de nombreuses fonctions comme celle permettant de dire quel film on aimerait voir, couplé avec votre réseau social on peut imaginer qu'il trouve vos connaissances qui ont envie de voir le même. On peut dire quel livre on a lu ce qui peut permettre à d'autres de vous en parler, demander à l'emprunter ... on peut publier via twitter des infos sur ce que l'on fait ce qui laisse les autres rebondir. Il y a d'ailleurs un mélange interessant entre infos personnes et plus professionnelles. Est ce que ce double usage va perdurer ?

Mais l'usage au final le plus indispensable et le plus fondamental est l'automatisation du filtrage et la transmission d'information ce qui va rendre ces outils indispensables. 
Nous sommes tous (ou presque, les mormons restent épargnés) par le déluge d'informations. 
L'entreprise est une véritable spammeuse (mails de la comm, du réseau, des partenaires, projets, ...). 
La question pour tout individu devient le filtrage
J'utilise déjà Google Reader pour suivre les blogs des gens qui m'interessent, voir leurs listes de lecture... ils me permettent de filtrer et j'imagine que les quelques dizaines de personnes qui sont abonnés a ce blog s'en servent pour la même raison (sauf un qui s'est abonné pour me surveiller ;-) ).
Facebook est un outil du même style et qui aggrège les différents modes de partages des flux reader, twitter, flux de mes lectures, rating de films... c'est une extension du champ fonctionnel.

L'usage en entreprise me semble assez évident, pouvoir me créer mon bouclier anti spam. 
Les entreprises définissent des groupes généralement assez gros qui servent a emettre des tonnes d'informations plus ou moins utiles. Combien de personnes vont voir les news du service de communicaton ? 
Je vais l'illustrer par des uses cases.
Un nouveau wiki est fait sur le sujet de la collaboration par un architecte un peu perdu dans son organisation. Plutôt que de le partage avec toutes les DSI (ce qui peut quand même faire), il peut aussi le publier dans son outil de réseau social corporate (ou facebook on y reviendra dans d'autres billets...). Dans les personnes qu'il croise certains sont également interessés et ansi de suite. En quelques heures le site sera connu de tous ceux qui en ont besoin. 
Le même principe s'applique aux documents, informations, liens. 

En tant qu'utilisateur je suis et producteur vers mes groupes (linkedin, facebook...) permettent déjà de me créer des groupes pour filter sur les cibles et eux seront gagnants car je filtre aussi l'information (le filtre fonctionne plus ou moins bien...). 

Le rôle de parrain va revenir pour les gens qui débutent pour l'aider à rentrer dans les réseaux sociaux. 

Le rôle du mail comme outil fédérateur pour communiquer va encore prendre 'une claque' après l'attaque des messageries instantanées. 
Les outils comme facebook permettent de diffuser de l'information plus efficacement car agit comme un filtre naturel, est multi contenus, extensible (applications). 

Ce moyen de communication ne remplacera pas les autres, le courrier papier existe encore (par contre je ne sais pas a quand remonte ma dernière lettre manuscrite..., je ne suis peut être pas le meilleur exemple...).

Ils ont le même avantage que Google Apps, mettre au même niveau les utilisateurs internes et externes. Je peux partager, communiquer avec tous ceux que je connais. 
Il me semblerais d'ailleurs logique que dans Google Apps ils créent un tag friends basé sur les relations que l'on a dans orkut pour voir les mails emis par les gens que l'on connait...

A plus long terme, et ca reste dans mes idées d'arrière plan, on peut se demander ce que vont devenir les entreprises. L'individualisation organisée par celles-ci favorise leur affaiblissement. Leur rôle de veille, de diffusion de savoir faire ... également. 
Pour tous les métiers a capitaux sont rôle restera essentiel mais sur tous les métiers a faibles investissements capitalistiques ont peu se demander si elles pourront continuer bien longtemps.

Imaginons demain que sur facebook on puisse demander des profils et que la demande se propage sur n niveaux de votre réseau ? (vous me direz ca fonctionne déjà comme ca par mail ...), mais on peut passer la à un stade industriel. 
Et on peut même aller plus loin, est ce qu'un réseau ne pourrait pas lever de l'argent ? Une hypothèse raisonnable serait de considérer que l'investissement que l'on fait est quelque part proportionnel aux revenus des gens de son réseau (ca serait interessant d'avoir des études sur le sujet !). Donc faire une demande via facebook me permettrait de recolter une somme très faible (bon je fais mon calimero mais quand même...), mes certains que je connais pourraient recolter bien plus car les revenus des gens qu'ils connaissent sont important, et s'ils le connaissent et son dans son réseau ont donc un peu confiance... Il faudrait gérer des concepts de micro investissements dans ces outils de réseaux sociaux avec retour sur investissement ca pourrait donner des choses intéressantes. Le phénomène existe déjà, il y a de nombreux forum qui étaient gérés par des individus et face aux volumes sont devenus des associations. C'est juste très lourd à gérer. Combien d'idées qui sont pas passée à la réalisation ?

On peut aussi imaginer que les suggestions de contacts se transforment en 'reseau étendu' qui serait généré sur la base des relations existantes et qui permette de diffuser des posts, liens, documents a des gens qui pourraient être interessés.

L'automatisation de toutes ces formes de relation va accelerer une partie de l'économie. La vitesse de transformation de l'information est consubstentiel à la croissance. 
Après l'automatisation de la production, l'industrialisation, la logistique (le container standard est un réel progrès invisible...) ... n'avons nous pas l'industrialisation de la création et partage des idées, ... mais aussi la concrétisation de celles-ci (au moins dans le monde de l'IT grâce à la possibilité d'intégrer de nombreux services, mash-up ... qui peuvent être réalisés par n acteurs).

L'autre volet étant l'automatisation des données (micro formats, web sémantique...), c'est à dire la fourniture d'API qui permette aux utilisateurs d'automatiser une partie de leurs tâches (via des outils, services, google spreadsheet ou autres !). 

Cette automatisation va permettre à de nouvelles sociétés de naitres et d'autres de mourrir car l'automatisation qu'elles vendent pourra être rendue de manière plus efficace par le réseau : des centaines de services interconnectés ou chaque service peut être fait par un membre ou une petite société. 

Suite à l'affaiblissement des organisations, une certaine anarchie va naitre puis une nouvelle organisation. Peut être un peu comme la fin de l'empire romain, suivie d'une certaine anarchie puis une nouvelle organisation se met en place... 

“L'avenir contient de grandes occasions. Il révèle aussi des pièges. Le problème sera d'éviter les pièges, de saisir les occasions et de rentrer chez soi pour six heures.”

Woody Allen